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Pseudo: tariq ibn ziadCatégorie: ActualitéDescription:
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Mardi 09 Janvier 2007

 

                                             

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La calligraphie arabe.
Illustration.

L'arabe (العربية, al ʿarabīya en transcription traditionnelle) est la langue parlée à l'origine par les Arabes. C'est une langue sémitique (comme l'amharique, l'hébreu, l'araméen, l'akkadien, le guèze ou le syriaque) et flexionnelle dont l'alphabet est un abjad.

La langue arabe est attesté depuis le 10ème s. avant notre ère. C'est la langue sémitique la plus conservatrice. Elle a gardé la déclinaison du sémitique primitif (en ou, a, i) et la nounation (oun, an, in).

La tradition orale considère cependant qu'il s'agit d'une langue révélée directement à Ismaël, fils d'Abraham, dans une forme assez proche de l'arabe classique actuel. La tradition donne par moments des origines bien antérieures : la reine de Saba, l'ancien Yémen ainsi que des tribus disparues auraient parlé l'arabe dans une forme plus ancienne. Les premières traces de l'écriture arabe, telle qu'on la connaît de nos jours, remontent au VIe siècle.

Du fait de l'expansion territoriale au Moyen Âge et par la diffusion du Coran, cette langue, devenue langue liturgique, s'est répandue dans toute l'Afrique du Nord et en Asie mineure.

 La langue arabe est l'une des langues les plus importantes de l'histoire de l'humanité. C'est non seulement la langue du Coran et d'innombrables commentaires coraniques, mais aussi de la poésie, de la philosophie, d'ouvrages historiques, de dictionnaires, de traités de sciences exactes, de récits de voyages et d'aventures. Il est la langue de culture de 300 millions d'arabophones et langue de référence privilégiée de plus d'un milliard de musulmans.

L'alphabet arabe est utilisé dans des langues indo-européennes comme le persan et l'ourdou.

Variétés d'arabe

L'arabe est un terme générique qui regroupe de nombreuses variétés :

  • l'arabe classique : la langue du Coran, parlée à l'époque de l'expansion arabo-musulmane ;
  • l'arabe littéral : une forme modernisée mais peu différenciée de l'arabe classique, qui est la langue écrite commune de tous les pays arabophones ;
  • les dialectes arabes : langues orales parlées dans les pays arabes, issues de l'arabe classique, avec des substrats, superstrats et emprunts différents selon les régions, et des dialectes parlés dans des régions éloignées sont difficilement compréhensibles sans apprentissage (qui peut avoir lieu par le biais des séries égyptiennes à la télévision, par exemple, pour le dialecte égyptien). Ainsi pour un Irakien, l'arabe marocain sera aussi différent que l'espagnl pour un Français. Les différences entre des dialectes moins éloignés, comme le tunisien et le marocain, sont moins grandes mais représentent quand même un handicap important pour la communication, comme entre le français du Québec et le français d'Europe. Généralement les locuteurs de dialectes différents utilisent plutôt une langue véhiculaire, qui selon le cas pourra être l'arabe littéral, l'anglais ou le français.

Comme les autres langues sémitiques, l'arabe ne connaît que deux temps: l'accompli (qui connote le passé) et l'inaccompli (présent/futur): kataba (il a écrit), yaktubu (il écrit ou il écrira). Par contre, il connaît trois modes qui ne se distinguent que par la vocalisation finale: l'indicatif (yaktubu), le subjonctif (yaktuba), l'apocopé (yaktub). NB: dans la transcription "u" se prononce "ou".

L'arabe possède trois nombres: le singulier (muslimun, un musulman), le duel (muslimâni, deux musulmans), le pluriel (muslimûna, des musulmans ) et deux genres : le masculin (muslimun, un musulman) et le féminin (muslimatun, une musulmane).

L'arabe comporte une déclinaison à trois cas (comme l'akkadien), et deux déterminations.

Flexion déterminée (avec l'article al:)

cas sujet: al-muslimu (le musulman)

cas direct: al-muslima

cas indirect: al-muslimi

Flexion indéterminée (avec nounation, c-à-d suffixe "n")

cas sujet:  muslimun (un musulman)

cas direct: musliman 

cas indirect : muslimin

 

Le vocabulaire, fondé sur des racines trilittères, est d'une très grande richesse.

Exemple de racine trilittère:

La racine KTB dénote l'action d'écrire: de là KaTaBa (écrire), KâTaBa (correspondre avec quelqu'un), aKTaBa (dicter), KâTiB (écrivant, écrivain), KuTtâB (école coranique), maKTûB (ayant été écrit), KiTâB (livre), maKTaB (bureau), maKTaBa (bibliothèque).

 

Pays de langue arabe

 

Image:Arab world.png


 

Arabe et islam

La langue de l'islam étant l'arabe, de nombreux mots du domaine religieux sont d'abord apparus en arabe. Ainsi, certains mots religieux n'existent qu'en arabe, ou possèdent un sens beaucoup plus précis en arabe.

 

Rayonnement culturel

Des écrivains non musulmans ont écrit en arabe, par exemple le médecin et philosophe Maïmonide publiant en langue arabe. Les rois normands de Sicile se piquaient de parler l’arabe.

Aujourd'hui, quoique le statut international de cette langue demeure indéniable, elle a du mal à s'exporter hors du monde arabe. Son enseignement à l'étranger demeure plutôt marginal. Le manque de volonté politique de promouvoir la langue, ainsi qu'un trop grand fossé entre arabe littéral et arabe dialectal sont aussi des obstacles à l'internationalisation réelle de l'arabe. Mais récemment, l'apparition de nouvelles chaînes d'information panarabes, telles Al Jazeera ou Al Arabia laisse présager un renouveau de la langue arabe au travers des médias. Il est aussi à noter que l'arabe est resté une langue liturgique dans la plupart des pays musulmans, bien que l'arabe coranique soit aujourd'hui éloigné de la langue arabe moderne.

 

Langues dérivées de l'arabe

 

Diversité des emprunts

L’arabe a légué une série de mots aux langues romanes (et, de là, aux autres langues d’Europe), surtout au castillan, à l'italien et au portugais.

 

Mots français d'origine arabe.

On trouve donc de nombreux mots arabes en français. Ces emprunts se sont fait soit :

  • directement (alcali, alfa, alizari, almée, amiral, arack, azimut, baobab, baraka, barbacane, barde, bédouin, bled, bordj, bouracan, burnous, cadi, cafard, caïd, calife, camaïeu, came, camelote, caoua, chott, clebs, fellah, gazelle, hachisch, harem, hasard, henné, jupe, kandjar, laiton, luth, maboul, maghrébin, maghzen, oued, salamalec, toubib, zénith, etc.) ;
  • à partir de l'arabe dialectal, surtout algérien (barda, bezef, kif-kif, matraque, nouba, razzia, youdi, etc.) et égyptien (cange, goudron, mamelouk) ;
  • par l'intermédiaire du latin médiéval ou scientifique (alcool, algèbre, alidade, amalgame, ambre, arcanne, avives, benjoin, benzine, bourrache, camphre, chiffre, momie, orcanette, safran, sirop, etc.) ;
  • par l'intermédiaire d'autres langues européennes, principalement l'espagnol (alcade, alcarazas, alcôve, alezan, alfange, algarade, alguazil, aman, arrobe, azerole, basaner, épinard, felouque, etc.), l'italien (arsenal, artichaut, assassin, aval, avanie, avarie, berner, café, calfeutrer, calibre, carafe, coton, girafe, hégire, magasin, sirocco, tarif, zéro, etc.), le provençal (boutargue, jarre, madrague, poutargue) et le portugais (argousin) ;
  • par l'intermédiaire du turc (minaret, muezzin), de l'hindî (nabab) ou du persan (lascar).

D'autre part, l'arabe a transmis au français des mots originaires d'autres langues, notamment l'hindî (bonduc, candi), le persan (alkékenge, alkermès, aniline, aubergine, azur, babouche, borax, bore, douane, orange, timbale, etc.), mais aussi le grec (alambic, almanach, antimoine, etc.).

Citons enfin le cas du mot abricot, qui vient du latin praecoquum (qui a donné le doublet précoce) et qui est revenu en français sous cette forme après un voyage par l'intermédiaire du grec (πραικόκιον praikókion), de l'arabe (أَلْبَرْقُوق ʾal barqūq) et du castillan (albaricoque ; un intermédiaire catalan albercoc avait donné aubercot, mot qui ne s'est cependant pas imposé contre abricot).

En ce qui concerne les noms propres, beaucoup de noms d’étoiles viennent également de cette langue : Aldébaran, Bételgeuse, Algol, Alioth, Véga, Mizar, Fomalhaut, etc.

 

Présence de l'article

On reconnaît certains emprunts à l’arabe dans les langues occidentales au fait qu’ils commencent souvent par a- ou al, qui n’est autre que l’article défini dans cette langue (on a al normalement et a- quand le mot arabe commençait par une « consonne solaire », c'est-à-dire d, r, s, t et z principalement ; pour plus de détails, consulter Alphabet arabe).

Les Occidentaux n’en ayant pas conscience (phénomène de métanalyse), ils ont parfois conservé cet article et l'ont agglutiné au mot. Il est cependant notable que toutes les langues n'ont pas toujours conservé l'article pour un même mot. Ainsi, l'espagnol et le portugais en ont conservé plus que le français : à algodón ou azúcar en espagnol correspondent coton et sucre, par exemple, ou encore, on trouve dogana en italien en face de aduana en espagnol.

Emprunt des chiffres

Enfin, il faut rappeler que nous utilisons des chiffres indiens transmis en Occident par les Arabes, dits par abus de langage « chiffres arabes ». Dans le monde arabe, seuls les pays occidentaux (Tunisie, Algérie, Maroc) utilisent ces chiffres, les autres pays en utilisent d'autres, appelés abusivement « indiens » (où le 5 s’écrit comme notre 0).

Les « chiffres arabes » dans leur forme actuelle sont parvenus à l'Europe de la ville de Bougie au Moyen Âge (aujourd'hui Béjaïa, Algérie) par un moine chrétien, ainsi que les bougies (chandelles), pour lesquelles la ville était renommée.

 

calligraphie © Hassan Massoudy

publié par tariq ibn ziad dans: lalgerieengrand

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