Présentation

lalgerieengrand

Pseudo: tariq ibn ziadCatégorie: ActualitéDescription:
decouverte de l'Algerie
Recommander ce blog

Image aléatoire

Recommander

Mercredi 24 Octobre 2007
Article en PDF Imprimer l'article Envoyer l'article

Il y a 50 ans au 5, rue des Abderames

Les paras français dynamitent la cache de Hassiba Ben Bouali, Ali La Pointe, le petit Omar et Mahmoud Bouhamidi.

Le terrorisme à Alger a perdu, mardi à l’aube, ses derniers animateurs. Les cadavres d’Ali La Pointe et de sa compagne Hassiba Ben Bouali ont été retirés hier des décombres de la casbah » titrait L’écho d’Alger du 9 octobre 1957. Le Journal d’Alger du vendredi 11 octobre 1957 est encore plus lugubre et annonce « Ali La Pointe et Hassiba Ben Bouali découverts déchiquetés par l’explosion ». En même temps, un encadré informe que 232 arrestations ont eu lieu après un bouclage surprise à Miliana et Affreville, que 15 rebelles étaient tués dans le Dahra de Paul Robert par un commando héliporté et que le mauvais temps continuait de sévir dans l’algérois provoquant un éboulement sur la route du Ravin de la femme sauvage faisant 3 blessés et 20 millions de dégâts au centre d’El Riath. D’ailleurs, pour parer à une épidémie de grippe, Le Journal d’Alger annonçait l’augmentation des pharmacies de garde. Hormis un climat capricieux et des arrestations arbitraires en tout genre, sans que personne ne soit en mesure de connaître le destin des 232 hommes de Miliana, l’atmosphère à la Casbah était lourde et la bataille qui faisait rage depuis plusieurs mois connaissait ses derniers soubresauts. Après la grève des huit jours, qui avait mis le moral des troupes au plus bas et provoqué une sorte de léthargie au sein de la population algérienne, la Zone autonome d’Alger réfléchissait à la stratégie à adopter pour contrer les colons, acquérir l’indépendance et faire de l’Algérie un pays souverain. tandis qu’après des attentats à la bombe perpétrés dans la capitale, les événements se précipitent dès le mois d’août 1957 suite à « l’arrestation de 22 responsables collaborateurs de Yacef Saâdi ». L’Echo d’Alger s’enorgueillira d’annoncer la neutralisation à 75% de l’organisation politico-administrative du FLN à Alger. Il ne restait plus que deux mois à vivre pour Ali La Pointe, Hassiba ben Bouali, le Petit Omar et Mahmoud Bouhamidi, mais ils ne le savaient pas. Arriva l’arrestation du chef de la Zone autonome d’Alger, Yacef Saâdi, repéré au 3, rue Caton, suite à une délation à La casbah. En compagnie de Zohra Drif, ils tiendront tête aux forces coloniales durant plusieurs heures avant de se rendre. La casbah est encerclée, quadrillée et durant la prise d’assaut du 3, rue Caton par une horde de paras armés jusqu’aux dents, Hassiba Ben Bouali et Ali La pointe sont dans une cache, juste en face : au 4, rue Caton. « Nous savions qu’ils étaient dans la maison en face et il ne leur restait plus qu’à trouver une autre cache. Les instructions étaient claires dans le cas où quelqu’un était pris : il devait gagner du temps pour laisser aux autres la possibilité de changer de cache et établir un plan », explique Zohra Drif. Sauf qu’à l’époque, les principaux acteurs de la bataille d’Alger ne savaient pas qu’il y avait une taupe parmi eux. Celle-là même qui a conduit à l’arrestation de Yacef Saâdi et de Zohra Drif. Celle-là même qui a conduit à la mort de Ali La Pointe, Hassiba Ben Bouali, Mahmoud Bouhamidi et du petit Omar, explique Yacef Saâdi dans son livre La Bataille d’Alger.

Hassiba Ben Bouali

Mon nom est révolution

La Moudjahida Hassiba Ben Bouali , héroïne de la guerre d'Algérie.

De gauche à droite: Samia Lakhdari, Drif Zohra, Djamila Bouhired, Hassiba Bentbouali

Hassiba Ben Bouali

Plus que quiconque, elle incarne l'engagement réfléchi et mesuré de la révolution algérienne. Issue d'une famille bourgeoise de Chlef, Hassiba est instruite et aisée. Née le 20 janvier 1938 à Orléanville (Chlef), elle fut recrutée en 1956 par Ben Sadok Abdelaziz, qui fut d'ailleurs condamné en 1957 dans le procès des médecins.


Née le 18 janvier 1938 à El-Asnam (aujourd'hui Chlef), Hassiba Ben Bouali y entama ses études primaires, qu'elle poursuivit à l'école Aïn Zerga, à Alger, où ses parents s'étaient installés en 1947. Elle obtient le certificat d'études primaires en 1950 et entre au lycée Pasteur (aujourd'hui annexe de la Faculté Centrale), où elle y étudia jusqu'en deuxième année.

De nombreux témoignages la présentent comme une adolescente particulièrement éveillée, curieuse et sensible.

C'est ainsi que, par le biais du scoutisme, elle effectue de grandes randonnées à travers le pays et découvre les conditions déplorables de vie de la paysannerie algérienne. L'étalage de l'injustice la révolte profondément.

Hassiba Ben Bouali rêvait de devenir infirmière mais elle ne put que s'employer dans un bureau social, où elle complétera sa vision de la situation des Algériens. Sa prise de conscience l'amène à militer dès l'âge de seize ans an sein de l'Union Générale des Etudiants Musulmans Algériens.

Dès lors, elle s'impliquera de plus en plus dans le combat nationaliste, et, vers la fin de l'année 1956, elle intégra avec d'autres jeunes filles un des réseaux des fedayins qui se distinguèrent durant la bataille d'Alger. Elle fit ainsi parties d'un groupe chargé de fabriquer des bombes et de les déposer sur les lieux d'opération.

Mais les services de renseignement français finirent par recueillir des informations sur ce groupe. L'atelier clandestin de fabrication des bombes est aussitôt investi tandis que de nombreuses arrestations ont lieu. Hassiba Ben Bouali est alors obligée de quitter son domicile et de rejoindre la Casbah, citadelle de la révolution quadrillée par la soldatesque coloniale.

C'est à ce moment que la répression à Alger s'accentua. Les autorités françaises voulaient en finir avec les réseaux urbains du FLN, qui semaient la panique dans les milieux des colons et dont les actions spectaculaires jouissaient d'une grande audience internationale.

En février 1957, Larbi Ben M'hidi, chef de la zone autonome d'Alger, avait été arrêté et assassiné. D'autres arrestations eurent lieu les mois suivants.

Le 8 octobre 1957, Hassiba Ben Bouali se trouvait dans une cache au numéro cinq des la rue des Abderames, en plein coeur de la Casbah, en compagnie d'Ali la Pointe et du petit Omar, âgé de douze ans. A la tombée de la nuit, la maison fut encerclée par les parachutistes français.

On somma les trois fedayins de se rendre. Devant leur refus, les soldats français firent sauter la maison. Hassiba Ben Bouali et ses compagnons périrent sons les décombres ainsi que 17 Algériens dont les maisons furent soufflées par l'explosion.

Le martyre de Hassiba Ben Bouali devint un motif supplémentaire de la détermination du peuple algérien ainsi qu'une illustration éclatante de la participation de la femme algérienne au combat libérateur.

Zohra Drif Bitat, que l'émotion rend quelques minutes pensive et muette, accepte de se souvenir de Hassiba. Pas sous la seule image de la combattante d'une guerre effroyable mais comme d'une toute jeune fille que le destin a choisi de faire mourir dans son combat pour libérer son pays. « L'atmosphère était âpre et soutenue pas les incessants contrôles des bérets verts, rouges, noirs mais également des chasseurs alpins, des zouaves et des services de police en tout genre », raconte Zohra Drif. Assise sur le canapé de son bureau au Sénat, la moudjahida est d'un abord doux et chaleureux. Ses cheveux bouclés ondulent autour d'un visage ouvert et affable. Ses mains posées l'une sur l'autre n'accompagnent pas son discours ponctué de temps à autre d'un regard en direction de la photo d'Ali La Pointe posée sur un meuble. Ses mots sont directs sans être froids ou distants. La douceur de ses mouvements raconte l'histoire d'une vie longtemps apostrophée. Elle choisit les mots avec soin, ce qui dénote son souci pour la précision et la véracité. Raconter, pour Mme Drif, c'est poursuivre le combat. Son regard franc ne se détourne que lorsque l'émotion est trop forte. Le 2 février 1957 « Les femmes étaient dans le patio à l'impasse de la Grenade. J'étais avec Djamila Bouhired, Fatima et d'autres lorsque les paras sont entrés et ont mis les femmes dans la chambre et les hommes au milieu du patio. Lorsqu'ils sont arrivés, Hassiba a eu le temps de se faufiler dans la cache en compagnie de Ali La Pointe et de Yacef Saâdi. Mais comme la cache n'avait pas fini d'être aménagée, on a disposé à la va-vite un sni (un grand plateau). La cache se trouvait derrière un lit en fer forgé. Lorsque tous les hommes ont été rassemblés dans le patio, j'ai compris et j'ai dit : ''Je crois qu'ils vont les torturer.'' Effectivement, ils ont commencé à les torturer dont le jeune Lyès Bouhired, âgé à l'époque d'à peine 14 ans. » Zohra Drif marque un temps d'arrêt. Elle ne parle plus durant quelques secondes et on peut deviner que l'émotion l'étrangle. « C'est dur de voir quelqu'un se faire torturer et de la pire façon… », parvient-elle à expliquer. « Et puis Lyès n'a pas tenu sous la torture… Il était si jeune », poursuit Zohra Drif. Un large sourire se lit soudain sur son visage et elle dit en riant : « Lyès criait qu'Ali était sous le lit : ''Il est sous le lit, il est sous le lit.'' et les paras se baissaient pour regarder et on pouvait voir qu'il n'y avait personne sous le lit. Ils ont pensé qu'il divaguait mais nous, nous savions qu'effectivement, ils étaient dans la cache derrière le lit à quelques mètres à peine. » Mais ce que relève l'interlocutrice « c'est le sang-froid qu'avait Hassiba pour entendre les hommes se faire torturer à quelques mètres d'elle sans manifester une quelconque réaction qui aurait pu mettre en danger l'équipe ». « Quand elle est arrivée dans notre groupe à la Casbah, elle était déjà recherchée. Nous vivions en fratrie avec Djamila Bouhired et les règles faisaient que nous ne connaissions pas nos identités réelles. C'est par voie de presse que l'on a appris qu'elle faisait partie de la cellule des frères Timsit qui fabriquaient les bombes. Hassiba avait eu la chance de poursuivre un cursus scolaire normal, ce qui donnait davantage de poids à son engagement. Elle ne s'est pas engagée à cause de la misère ou par ce qu'elle avait faim, mais parce qu'elle savait ce que le peuple algérien était devenu depuis l'occupation… un génocide », commente Zohra Drif. « Physiquement, Hassiba n'avait pas le type mauresque. Elle avait les yeux bleus, très belle fille, bien roulée. Elle avait les cheveux très clairs qu'on a teints en roux avec du henné. Elle s'est transformée en une « fatma » de la casbah avec le pantalon bouffant. Elle était à la Casbah le temps que la filière s'organise pour peut-être ensuite rejoindre la Tunisie. Mais est intervenue la bataille d'Alger… », poursuit Zohra Drif. « Elle était mince mais avait beaucoup d'endurance, car ce n'est pas évident de vivre pendant un an enfermé dans une maison, portant le haïk pour se déplacer. Le danger… Elle avait une capacité d'adaptation incroyable malgré sa provenance d'un milieu bourgeois. Mais cela prouve que nous étions un peuple sans barrière sociale ni différence. Elle avait de la suite dans les idées. ça restait une très jeune fille, très romanesque et idéaliste. » Zohra Drif, qui s'est remise de ses émotions en évoquant Hassiba et ses compagnons morts, a brusquement les yeux embués et la voix ténue. « Quand les paras sont arrivés ce fameux jour au 5, rue des abderames, alors que les frères étaient dans la cache, ils ont pris le mégaphone et ont dit à Hassiba qu'elle pouvait sortir, qu'ils ne lui feront aucun mal. Elle avait le choix. Elle a répliqué : ''Je préfère mourir avec mes frères'' », murmure d'une voix étranglée Zohra Drif. Hassiba Ben Bouali avait alors 19 ans.

 

Mahmoud Bouhamidi

La résistance silencieuse

Très discret, Mahmoud Bouhamidi, le quatrième homme à avoir succombé à l’explosion de la cache du 5, rue des abderames, venait d’être recruté depuis environ 6 mois par le chef de la Zone autonome d’Alger, Yacef Saâdi.

Actif depuis longtemps et mettant sa parfaite connaissance des ruelles de la casbah au service de la révolution, Mahmoud Bouhamidi était un agent de liaison à la barbe des hommes du capitaine Léger et sans que ses copains du quartier, avec lesquels il jouait au football, ne soient au courant. Quand il était dans l’incapacité de communiquer, il remettait des messages et des documents à sa petite sœur de 7 ans qui devait les apporter au 3, rue Caton, lieu de rencontre et de réunion des hommes de Yacef Saâdi. Selon les témoignages recueillis auprès de sa mère à l’époque et repris par l’APS, Mahmoud Bouhamidi savait qu’il allait mourir et alors qu’elle faisait part de son inquiétude à un neveu, son fils aurait répliqué : « Je mourrai enseveli. » Après la capture du chef de la Zone autonome d’Alger en septembre 1957, il se déguisait et allait de cache en cache. Il finira par rejoindre le petit Omar, Hassiba Ben Bouali et Ali La Pointe au 5, rue des abderames. Où ils finiront ensevelis.

Ali La Pointe

La rédemption

Agé de 27 ans au moment de sa mort, Ali La pointe avait un caractère fougueux et entier. Mais ce qui caractérisera le personnage c’est son courage et sa vivacité d’esprit. Né à Miliana le 14 mai 1930 sous le patronyme de Ammar Ali, il s’est fait connaître à Alger comme joueur de « tchic-tchic » à Bab El Oued.

Très vite, il remplit son casier judiciaire de différentes condamnations pour vols d’effets militaires, coups et blessures volontaires, violence et voie de faits à agents et tentative d’homicide volontaire. Il s’évadera du chantier de travail à Médéa où il y purgeait une peine. pour clore définitivement avec son passé, il s’engage dans la lutte et la révolution contre l’occupant. Très vite il est présenté à Yacef Saâdi qui l’incorpore dans son groupe. C’est ce que rapportera l’ensemble de la presse locale en 1957, à la suite de l’explosion causant la mort d’Ali La Pointe. De nombreux articles reviennent sur les différents attentats orchestrés par lui et le grand patron de la Zone autonome et quelques coupures de presse relateront la fameuse explosion du 5, rue des abderames en précisant qu’« Ali LaPointe ne s’est pas fait sauter, il a été attaqué dans son repère hermétique par les bérets verts », note l’Echo d’Alger. L’objectif pour la presse de l’époque est clair : il ne faut pas en faire un martyr qui a préféré se faire exploser plutôt que de se rendre. Il s’agissait de ne pas susciter des envies de suivre son exemple. Mais ce que les journaux ne disent pas, c’est qu’Ali faisait peur. Sa ténacité à défier l’adversaire, sa pugnacité et son courage alimentent l’espoir, enhardissent les plus revêches à s’engager et symbolisent l’algérien dans toute sa dimension culturelle et cultuelle. Il avait « el rahba », se souvient Zohra Drif. Et de poursuivre : « Avec lui, on était intouchables, il avait la puissance, le courage. Les français avaient très peur de lui. Si on se retrouvait face à un barrage, il fonçait, il n’hésitait pas et il n’avait pas peur. » Zohra Drif a de l’admiration dans la voix. Son regard s’éclaire lorsqu’elle évoque le révolutionnaire qu’elle désignera parfois de loufoque et d’enfantin. « Il aimait faire des blagues et rigoler de choses enfantines comme un gosse. Comme quelqu’un qui n’a jamais eu la chance d’être un enfant », évoque-t-elle soudain pensive. Ali La Pointe, qui a certes connu la misère, s’est engagé pour d’autres raisons. « C’est difficile à dire et les seuls termes qui me viennent à l’esprit sont religieux, mais je dois dire que lorsque je pense à l’engagement d’Ali je ne peux m’empêcher d’y voir une sorte de rachat. » Elle s’explique : « Nous connaissions le passé d’Ali et d’ailleurs qui n’était pas proxénète à l’époque, mais lorsqu’il a combattu, on a l’impression qu’il voulait racheter ses erreurs, rattraper ses égarements. » Et c’est ce qui fera qu’il ira jusqu’au bout.

Le petit Omar

Stratège et fier

C’était un petit garçon qui avait grandi à La Casbah, c’était le neveu de Yacef Saâdi. Tout jeune déjà, il baignait dans le militantisme avec Messali qui était considéré comme un messie », raconte Zohra Drif.

Né en 1944, Yacef Omar vivait rue des Abderames. Il était éclaireur et agent de liaison et sa mission essentielle consistait à ouvrir la route aux femmes. « C’était un grand, il avait de l’autorité », précise Hamid Dali qui a activé un temps à La Casbah avant de monter au maquis où il a appris la mort du Petit Omar. « On se retrouvait au café Azzouz qui jouxte la rue des Abderames et c’est là que venait nous rejoindre le petit Omar s’il avait un message. Je me souviens d’une fois où il m’a dit que j’étais convoqué, et Alilou s’est levé avec moi. Le petit Omar, qui n’avait alors que 12 ans, lui a donné l’ordre de se rasseoir car j’étais le seul convoqué. Il menait le groupe et avait du caractère pour son jeune âge », poursuit Hamid Dali qui s’est déplacé pour la circonstance à La Casbah devant ce qui sera le dernier refuge des révolutionnaires. « ça restait un enfant de son âge, mignon, malicieux avec des jeux de gamin qui le faisaient disparaître quelques heures », décrit Zohra Drif. Pour jouer peut-être ? Yacef Saâdi dans son livre La bataille d’Alger décrit son neveu : « Il est admirable. Il sort de la maison du 4, rue Caton par la voie aérienne des terrasses. A une trentaine de mètres à vol d’oiseau, il rejoint la rue d’Affreville, située dans son quartier natal (…). Son but en s’y rendant : recruter un jeune de son âge, plutôt dégourdi, brave et si possible sachant tenir sa langue. »


publié par tariq ibn ziad dans: lalgerieengrand

Portail de l'emploi 100% gratuit

Créer un blog sur dzblog.com - Contact - C.G.U. - Reporter un abus